Le premier Mortal Shell avait changé la trajectoire de Playstack

Quand Cold Symmetry et Playstack ont annoncé Mortal Shell II en 2025, l'éditeur n'avait pas caché l'importance du projet. Le premier Mortal Shell, sorti en 2020, avait dépassé les deux millions d'exemplaires vendus selon Playstack et marqué un tournant dans l'histoire de l'entreprise.

L'éditeur relie directement ce succès à la trajectoire qui lui a ensuite permis d'accompagner des productions comme Balatro, Abiotic Factor ou The Case of the Golden Idol. Revenir vers Cold Symmetry avec une suite avait donc autant valeur de continuité que de pari financier.

Rob Crossley, vice-président publishing de Playstack, avait même décrit Mortal Shell II comme le plus gros investissement jamais réalisé par l'entreprise dans un jeu, et de très loin.

Cold Symmetry a grossi sans devenir un studio géant

La suite a été développée par une équipe indépendante élargie à environ trente personnes. C'est davantage que pour le premier projet, mais cela reste une structure réduite au regard de l'ambition affichée.

Mortal Shell II passe à un monde ouvert interconnecté, multiplie les Shells jouables, approfondit les armes, abandonne la jauge d'endurance et augmente fortement la quantité de lieux et de contenu explorable.

Ce changement d'échelle est précisément le type de transition qui peut piéger un studio indépendant. Un concept efficace sur un jeu relativement concentré ne devient pas automatiquement meilleur lorsqu'on lui ajoute plus de surface, plus de systèmes et plus de production.

Les critiques montrent que le pari n'a pas dilué l'identité

Pour l'instant, les premiers résultats sont rassurants. OpenCritic affiche une moyenne de 85 sur 55 critiques, avec son classement Mighty et une place dans le top 5 % des jeux évalués sur le site.

Le plus notable n'est pas simplement la note. Une partie importante des critiques positives considère que Mortal Shell II reste identifiable comme une création de Cold Symmetry malgré son monde plus vaste et son combat profondément remanié.

Le concept des Shells demeure au centre du jeu et l'esthétique de dark fantasy conserve son côté brutal et dérangeant. La suite essaie donc de grossir sans se transformer en imitation anonyme des plus gros Soulslikes du marché.

Le risque technique n'a pas entièrement disparu

Cette expansion a toutefois un coût visible. Plusieurs tests signalent encore des bugs, des problèmes de navigation ou des équilibres discutables. Ce sont exactement les faiblesses que l'on surveille lorsqu'un petit studio tente de produire un monde beaucoup plus large.

Le lancement devra donc montrer comment Cold Symmetry gère l'après-sortie. Une bonne moyenne critique récompense l'état du jeu évalué par la presse ; elle ne garantit ni l'absence de problèmes techniques chez tous les joueurs ni la qualité du suivi pendant les semaines suivantes.

Playstack n'a plus seulement financé une suite

L'intérêt industriel de Mortal Shell II tient finalement à la relation entre les deux entreprises. Playstack aurait pu traiter le succès du premier épisode comme une occasion de produire une suite prudente. L'éditeur a choisi l'inverse : remettre davantage de ressources dans le studio qui avait contribué à changer sa propre trajectoire.

À 49,99 euros pour l'édition standard et 59,99 euros pour la Devout Edition, Mortal Shell II reste positionné sous le tarif habituel des plus grosses productions premium. Son ambition, elle, cherche clairement à dépasser l'échelle que l'on associe spontanément à une petite équipe indépendante.

Les ventes diront si l'investissement est rentable. Les premières critiques répondent déjà à une autre question : Cold Symmetry pouvait-il devenir plus grand sans perdre ce qui avait rendu Mortal Shell intéressant ? À l'heure du lancement, la réponse penche nettement vers oui.